Comment une affaire mondaine de Sa Majesté Sarkozy devient un pataquès d'Etat. Dialogue d'actes manqués sur fond de preuve d'amour.
Une vrai-fausse lettre volée.
Disons qu'il s'agit d'une lettre volée —plus qu'une rumeur, un message électronique trahirait un décalage entre la vie qu'un homme public affiche
avec sa toute nouvelle femme, et sa vie affective cachée, sa passion secrète pour une autre femme dont il s'est séparé auparavant.
Ce SMS intercepté, destiné à sa précédente épouse, voudrait dire que leur rupture est encore mal acceptée par un homme qui va pourtant se remarier après un coup de foudre
"très sérieux". Notre homme public décide de porter plainte contre le journal qui a publié cette lettre a priori personnelle. Pour éviter, dans un premier temps, l'impression qu'il valide
quelque chose dans cette rumeur, il accuse le journaliste d'avoir produit un faux SMS, et non d'atteinte à la vie privée.
Cette stratégie est brillante sur le papier et valable pour certains types d'affaires. Mais dans le domaine de la rumeur, on ne peut faire taire une hypothèse, surtout si elle
concerne une Star. Dans un deuxième temps donc, la réaction de notre homme ne va qu'amplifier le l'écho des supputations sur ses sentiments amoureux. Il eut mieux fallu qu'il ne répondit
pas.
Par delà cette maladresse procédurière, notre homme public a mal évalué l'alliance qu'il a contractée en
épousant une vedette de la chanson. Cette alliance allait inévitablement lui apporter une couverture dans la presse à sensation qu'il n'aurait pas atteint en tant que Président, même
'people'.
Or, si notre homme très en vue appréciait dans la célébrité de sa femme voir le symbole de la réussite
et de la modernité, il est probable qu'il apprécie moins, dans le privé, de partager sa femme avec le tout venant des auditeurs de ses chansons dans les pages fantasmatiques des magazines de
stars.
Une couverture manquée : le lapsus.
La nouvelle favorite défend son homme contre l'acharnement médiatique dont il est l'objet, en invoquant... la dénonciation des Juifs sous
l'occupation. D'aucun trouve cette comparaison stupide et de très mauvais goût : la captation d'une mémoire historique oh combien douloureuse à des fins personnelles. Mais
derrière l'erreur historique et la faute de goût, cette réplique ne trahit-elle pas un état d'esprit très particulier, comme le ferait un vulgaire lapsus dit freudien ?
Soit, son amour est attaqué, elle le défend comme la prunelle de ses yeux, il est devenu à ses yeux aussi important qu'une
blessure historique de dimension mondiale... c'est la déraison de l'amour ! Mais pourquoi penser aux Juifs ?
Pourquoi Carla Bruni établit-elle ce lien entre Sarkozy et les Juifs ? N'est-ce pas là un réflexe qu'elle a gardé d'un précédant amant dont le nom est
indiscutablement lié, lui, aux Juifs : le nom propre « Klarsfeld ». La faute de goût serait donc un lapsus révélateur, un acte manqué : en voulant défendre Nicolas Sarkozy elle
révèle néanmoins qu'elle se pense encore dans les bras... d'Arno Klarsfeld.
On comprend pourquoi Arno n'était
pas là pour empêcher Nicolas de proférer sa boulette sur l'histoire au dîner du CRIF. Et pourquoi le président était disposé à se passer de lui, et même à le dépasser avec audace.
L'accusation pour le moins hyperbolique portée contre le site du Nouvel Observateur (que Carla a d'ailleurs par la
suite retirée), était donc un acte manqué, car il trahit une peur, une défense qui couvre son ancien amant, mais correspond assez peu au nouveau -son désormais mari.
Une double inconstance. Et la fuite en avant.
Le fond de l'affaire est donc la manifestation d'une double inconstance.
—La réaction sanguine de Nicolas au SMS révélé trahit qu'il s'est mal remis d'une rupture, avec Cécilia ex-Sarkozy.
—Tandis que Carla, pour le couvrir, a spontanément usé d'un "mot d'esprit" qui prouve qu'elle se pense encore un peu avec l'homme
qu'elle vient de largué.
Finalement, il s'agit peut-être d'un mariage très mondain, entre gens célèbres.
Si le Président a voulu "marquer des points" dans ses relations à la communauté juive, c'est pour se poser comme le compagnon authentique de son
épouse Carla. C'est pour effacer l'acte manqué de Carla Bruni qui a exposé dans l'Express qu'elle se voyait (encore) comme la compagne d'une personnalité dont la judéité est au premier plan (de
par la célébrité du nom de ses parents Serge et Béa Klarsfeld).
A moins de penser que la vie
privée décalée ou mouvementée de Nicolas Sarkozy ait quelque chose de fondamentalement juif, l'argument de
Clara sur la dénonciation des Juifs fait long feu. Est-ce que divorcer, est-ce qu'aimer plusieurs femmes aurait quelque chose de juif —un peu comme la polygamie collerait aux
Africains, la lettre d'amour à une ancienne maîtresse serait typique de la culture juive ? Ou encore cette façon de plastronner comme un gandin, en donnant sa vie intime en pâture à la presse
pour faire reluire son pouvoir, seuls les Juifs auraient ce défaut bien connu ? On s'égare…
Il
faudrait donc que Carla change "son logiciel" car un Président élu peu difficilement prétendre être persécuté et mal aimé ! Et il faudrait que Nicolas cesse de prouver son amour ou de rattraper
les lapsus de sa femme sur le dos d'une communauté toute entière, et au delà sur tout un pays à travers sa mémoire historique qu'il prétend s'approprier; et au-delà de lancer une compétition
mémorielle non seulement dans son pays, comme il a été trop souvent remarqué, avec une pensée craintive envers les Noirs et les Arabes…, mais aussi avec d'autres pays européens
qui auraient bien du mal à calculer le nombre exact des victimes que la Shoah a pu faire chez eux.
11400 enfants
de France, —pas tous juifs et pas tous français corrigent les historiens,— voilà un pavé de concurrence qui s'adresse autant à l'Allemagne et à la Pologne qu'aux diverses communautés de France
qui ont heureusement gardé plus de dignité dans cette histoire que ne leur en prête la fine fleur de nos intellectuels vigilants mais si peu humanistes.
Heureusement, la communauté juive à réagit la première pour rejeter ce faux honneur, ce cadeau empoisonné qu'un Président,
peut-être en mal de preuve d'amour, voulait lui faire. La France peut être fière de la conscience historique de la Communauté juive française qui n'est pas tombée dans le
panneau.
Il y a une expression arabe qui dit : « il me nique, par sa gentillesse !»
Voilà une précieuse sagesse, même pour un Français, même pour un Juif...
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