Dénégations inaugurales (1)
Dés le premier jour, le soir même de sa victoire électorale, Nicolas Sarkozy a montré quelques éléments du style de discours sur lequel il espère faire danser les espoirs des Français de tous poil.
Exemple 1
D'abord dans sa première allocution de vainqueur, Nicolas Sarkozy rappelle son amitié envers George W. Bush, mais il louvoie aussitôt, pour se réserver le beurre et l'argent du beurre.
Tout va très vite, en quelques phrases. D'abord Nicolas Sarkozy complimente l'Amérique de Bush, pour effacer "la brouille", et signaler surtout une rupture avec la politique étrangère articulée par son rival D. de Villepin. Pourquoi parler d'amitié retrouvée sinon pour renier la lucidité que Chirac, Villepin et Raffarin ont su maintenir face à la campagne d'Irak (contre notamment l'accusation idiote d'anti-américanisme primaire — car cette lucidité là aussi se disait mise en garde amicale !).
Sarkozy partage donc la foi aveugle de Bush, Blair, Aznar et Berlusconi, dont la politique globale est basée sur la foi plutôt que sur la réalité ! (voir l'opposition fièrement assumée par l'administration US entre les "faith based" et les simples "reality based people".)
Dans le même temps, Nicolas Sarkozy ne veut pas prêter le flanc aux accusations d'allégeance au gendarme unipolaire —allégeance qui ne flatte en rien la fierté nationale française. Donc après l'éloge feutré des visions de Bush, vient la critique : il faut que les américains sachent que même des amis sincères peuvent penser différemment !
Une telle leçon, triviale et prétentieuse, même Chirac et Villepin réunis n'auraient pas osé la donner, en une telle occasion. Après un appel du pied aux atlantistes, l'élu veut encore séduire les forces chauvines et anti-américaines de son électorat. Bien vu ! Voilà donc comment le soir même de son élection le nouveau président de la France se met à critiquer le pays le plus puissant du monde ! N'est-ce pas gaulliste en diable ?
Mais le clou, l'estampille du Spin Master, c'est de prendre la posture sans engager aucun contenu. Quel est au juste l'objet de la leçon de Sarkozy à "nos amis américains" ? Les Frenchies suspendus au milieu de sa phrase ( phrase déplacée, dans un discours qui leur était a priori entièrement réservé), pensent sans doute que Nicolas Sarkozy va trouver quelques mots justes pour panser les plaies catastrophiques de la guerre en Irak…
Perdu ! Comme une anguille, Nicolas Sarkozy fait volte face, et sa critique ne portera en fait que sur le refus de Bush de signer les accords de Kyoto sur la réduction de l'effet de serre ! Les problèmes soulevés à Kyoto sont d'une importance capitale, vitale pour la planète, mais la place que Sarkozy leur accorde dans son laïus les fait ressembler plus à un cache sexe de circonstance qu'à une préoccupation sincère de futur président.
Résultat: il semble qu'il y en ait pour tout le monde, alors qu'aucun engagement sérieux n'a été pris, envers personne. Il n'y a que des insinuations :
Pour les atlantistes en général et pour ceux, en particulier, qui regrettent le non engagement de la France en Irak (qu'il soient proaméricains ou simplement anti-arabes), pour les anti-américains adeptes du coq gaulois, et pour les écologistes, en prime !
Et tout cela en coupant l'herbe sous les pieds de son opposition qui "ne pourra pas dire" qu'il se soumet passivement au leadership états-unien.
Message subliminal: «Les Français sont tous des gogos (l'opposition étant chef d'escadrille), et moi Nicolas Sarkozy, un orateur génial qui peut bien les entortiller en toutes circonstances !
A voir, car à trop vouloir embrasser…
Exemple 1
D'abord dans sa première allocution de vainqueur, Nicolas Sarkozy rappelle son amitié envers George W. Bush, mais il louvoie aussitôt, pour se réserver le beurre et l'argent du beurre.
Tout va très vite, en quelques phrases. D'abord Nicolas Sarkozy complimente l'Amérique de Bush, pour effacer "la brouille", et signaler surtout une rupture avec la politique étrangère articulée par son rival D. de Villepin. Pourquoi parler d'amitié retrouvée sinon pour renier la lucidité que Chirac, Villepin et Raffarin ont su maintenir face à la campagne d'Irak (contre notamment l'accusation idiote d'anti-américanisme primaire — car cette lucidité là aussi se disait mise en garde amicale !).
Sarkozy partage donc la foi aveugle de Bush, Blair, Aznar et Berlusconi, dont la politique globale est basée sur la foi plutôt que sur la réalité ! (voir l'opposition fièrement assumée par l'administration US entre les "faith based" et les simples "reality based people".)
Dans le même temps, Nicolas Sarkozy ne veut pas prêter le flanc aux accusations d'allégeance au gendarme unipolaire —allégeance qui ne flatte en rien la fierté nationale française. Donc après l'éloge feutré des visions de Bush, vient la critique : il faut que les américains sachent que même des amis sincères peuvent penser différemment !
Une telle leçon, triviale et prétentieuse, même Chirac et Villepin réunis n'auraient pas osé la donner, en une telle occasion. Après un appel du pied aux atlantistes, l'élu veut encore séduire les forces chauvines et anti-américaines de son électorat. Bien vu ! Voilà donc comment le soir même de son élection le nouveau président de la France se met à critiquer le pays le plus puissant du monde ! N'est-ce pas gaulliste en diable ?
Mais le clou, l'estampille du Spin Master, c'est de prendre la posture sans engager aucun contenu. Quel est au juste l'objet de la leçon de Sarkozy à "nos amis américains" ? Les Frenchies suspendus au milieu de sa phrase ( phrase déplacée, dans un discours qui leur était a priori entièrement réservé), pensent sans doute que Nicolas Sarkozy va trouver quelques mots justes pour panser les plaies catastrophiques de la guerre en Irak…
Perdu ! Comme une anguille, Nicolas Sarkozy fait volte face, et sa critique ne portera en fait que sur le refus de Bush de signer les accords de Kyoto sur la réduction de l'effet de serre ! Les problèmes soulevés à Kyoto sont d'une importance capitale, vitale pour la planète, mais la place que Sarkozy leur accorde dans son laïus les fait ressembler plus à un cache sexe de circonstance qu'à une préoccupation sincère de futur président.
Résultat: il semble qu'il y en ait pour tout le monde, alors qu'aucun engagement sérieux n'a été pris, envers personne. Il n'y a que des insinuations :
Pour les atlantistes en général et pour ceux, en particulier, qui regrettent le non engagement de la France en Irak (qu'il soient proaméricains ou simplement anti-arabes), pour les anti-américains adeptes du coq gaulois, et pour les écologistes, en prime !
Et tout cela en coupant l'herbe sous les pieds de son opposition qui "ne pourra pas dire" qu'il se soumet passivement au leadership états-unien.
Message subliminal: «Les Français sont tous des gogos (l'opposition étant chef d'escadrille), et moi Nicolas Sarkozy, un orateur génial qui peut bien les entortiller en toutes circonstances !
A voir, car à trop vouloir embrasser…
Publicité