Notre cher Président N. Sarkozy semble avoir une dent contre le Sénégal.
Est-ce qu'un Sénégalais, un jour, lui aurait piqué sa femme ?
Extrait du discours prononcé par le président de la République, sur la "Modernisation des politiques publiques et réforme de l’Etat",
vendredi 4 avril, au Ministère du Budget, des Comptes Publics et de la Fonction Publique :
(…)
« Est-il normal qu’on ait 721 personnes au sein de nos services diplomatiques au Sénégal et 271 en
Inde ? C’est le poids de l’histoire, mais il est temps, et Bernard Kouchner et l’ensemble du Quai d’Orsay ont décidé de s’y atteler, de mieux adapter notre présence diplomatique
aux enjeux du 21ème siècle. C’est un défi crucial de modernisation qui est à la portée de la diplomatie française. »
C'est le texte officiel. Noter que dans le discours "prononcé", l'orateur a rajouté, au sujet du nombre des diplomates français au Sénégal :« il doit y avoir un climat propice…».
On voit d'ici le sourire en coin, et le mouvement typique de la mâchoire. Si par hasard on conservait des doutes sur l'inspiration du
Président, nous voilà rassurés, il s'agit d'une flèche de haute volée avec une touche d'humour très personnel.
• Le "poids" de l'histoire !?
Expression misérable et sans aucune grandeur. Expression irresponsable de démission.
• Les "enjeux" du 21ème Siècle !?
Dont le Sénégal… ne ferait pas partie ? Tropisme d'exclusion, éminemment sarkozien.
• Notons encore la fusion de type sectaire avec Kouchner : ce n'est pas Nicolas qui a exposé sa politique à son ministre Kouchner, non, c'est Bernard Kouchner qui, de
lui-même, aurait décidé de s'atteler à La politique étrangère de son chef, qui est de l'ordre de l'évidence 'objective' que l'on ne saurait discuter. Pauvre Kouchner, cette
Sarko-logie, c'est pire que le casse-tête des JO de Pékin!
Si c'est avec de tels arguments qu'il espère séduire l'Inde et chasser les têtes en informatique, Sarkozy se fait une bien piètre idée, outre
des Africains, des Indiens, de la France, et des hommes. Parce que monsieur a pu retourner quelques transfuges de la Gauche française (ne dites plus traitres, ça fait
repentance), il croit que le monde entier va rentrer dans son petit jeu. Mais sa diplomatie n'est qu'outrances, et il ne sait habiller les intérêts de la France que de honte et d'amnésie. Sarkozy
est déjà devenu un Spootnik de la diplomatie mondiale. Il dépasse même Sylvio Berlusconi qui avait, lui, la bienscéance de limiter ses dangereuses lubies aux frontières de son
pays.
Et pourquoi Sarkozy serait-il devenu la risée du monde ?
Le poids de l'ignorance, évidemment.
Comment se sortir des cercles stériles de l'ignorance ?
On se rappelle du célèbre Discours de Dakar, dont le mauvais goût (d'évoquer des Africains paysans qui "tournent en
rond" selon le rythmes des saisons) est comme le bon vin et fermentent de plus en plus fort avec l'âge. Grâce à ce discours, source inépuisable de gausserie, l'Elysée est devenu la risée des
animateurs radio en mal d'histoire drôle, et la France est devenue la risée du monde, car le droit de rire ne se limite pas au continent africain.
A l'époque de cette harangue, prononcée dans la capitale du Sénégal, pays ami et actuellement gouverné par le libéral président
Abdulaye Wade, on avait voulu minimiser l'affaire. Comment la diplomatie française a-t-elle pu laisser le premier personnage de l'Etat se vanter d'une vision aussi tranchée de
l'histoire, une vision simpliste, obtuse et accessoirement complètement fausse de l'histoire ?
Comment une tournée diplomatique dans un pays X peut-elle receler, et étaler largement comme de la confiture sur une tartine, tant de mépris
et d'insulte à l'histoire et aux hommes de ce pays X ?
Comme la réponse n'est que trop évidente et pas assez politiquement correcte, même les plus choqués des commentateurs
cherchèrent, comme on fait une prière, à botter en touche.
— La faute incombait à la plume qui avait écrit ce discours de Sarkozy. C'est l'abominable Guaino qui avait commis cet odieux
passage, tandis que le sage Levitte n'avait malheureusement pas eu le temps de le relire ! Peut-être. La faute revenait donc au nègre du président, un nègre qui n'aime pas les
Nègres. Un "nègre" au deuxième degré, qui ne sait, depuis qu'il habite au Château, qu'écrire des ronds tautologiques ignares aux rythmes des idéologies innommables dont il croit le
Président animé.
— La faute venait d'un désir immodéré de faire rupture avec son prédécesseur le grand Jacques, qui était apprécié dit-on, ou
du moins fortement estimé en Afrique, du nord au sud.
— La faute venait d'une vexation, car le Sénégal allait bientôt confier la gestion des opérations portuaires de Dakar à la compagnie
Dubaï Port World plutôt qu'à son ami de 30 ans, Vincent Bolloré. Bolloré a eu beau lui dire que ce n'était pas si grave, et qu'il lui restait de bonnes miettes,
le président serait parti bille en tête, au risque avéré de menacer de futurs contrats de Bolloré en Afrique !
La morgue, la vanité historique de Sarkozy peut bien faire "bouger les lignes" chez les intellectuels paresseux de Saint-Germains et du
'Meilleur des Mondes' à Paris, elle n'est bonne ni pour la diplomatie, ni pour le commerce français.
(pour l'anecdote, on peut rappeler que cette Port World, bien que soutenue par Bush,
avait du renoncer à de gros contrat avec les ports étasuniens en avril 2006, à cause de la peur du terrorisme "arabe" sur laquelle Bush et consorts avaient soufflé de manière si indiscriminée,
et cela dés le jour du 11 septembre 2001.)
—L'expression de cette vision bornée n'est pas bonne non plus pour l'immigration, car il est incohérent de vouloir fermer les
frontières partout en Europe, d'expulser à tour de bras et de parler de co-développement tout afin de persuader les Africains de rester chez eux; et de venir chez eux leur dire qu'ils ne savent
pas s'élancer vers un destin moderne et que leur saisons mêmes sont, en toute franchise, anhistoriques ! C'est plus du désamour, c'est de la rage!
Bien sûr, cette couleuvre, ce négationnisme —historique et géographique, avait du mal à passer, mais force est de constater, au détour d'un
discours sur la réforme de l'administration, en avril 2008, que le préjugé à l'encontre de l'Afrique, et singulièrement à l'endroit du Sénégal, est véritablement rivé au corps de la
doctrine occidentaliste de Nicolas Sarkozy, aussi profus et prolixes soient ses interminables exposés.
Question de cours pour Xavier Darcos (dit Dark-Vador du CM2) : au vu du tableau et du contexte, répondez
:
Y a-t-il du pétrole au Sénégal ? (et ne tricher pas sur votre camarade Bongo !)
Rama Yade, Sous-ministre aux Droits de l'Homme, qui signe ici un document lors d'un déplacement en Guyanne Française, est d'origine Sénégalaise.
Par David Leterrier
-
Publié dans : international
0
-
Recommander
Mais qu'allait-il faire dans cette galère afghane ?
Se salir les mains, mon Capitaine, se salir les mains!
Tandis que l'opinion française, elle, ne s'en lave pas les mains, puisqu'aux dernières nouvelles:
68% des Français désapprouvent l’envoi de renforts militaires en Afghanistan ! ( BVA-Sud Ouest)
Des pertes et des bavures, voilà ce qui est prévisible, à vouloir se moucher sur la Route de la Soie. A vouloir chipoter un grain d'influence dans une
structure caduque (l'Otan) sous l'aile d'un impérial Bush, dénoncé dans son pays pour
avoir promu une campagne de torture, au prix d'un interventionnisme nerveux et écrabouilleur dans un pays meurtri, où les bavures font quasiment partie de la
contre-insurrection. Mais qu'est-ce que Sarkozy ne ferait pas au nom de la femme afghane…, pourvu que les
intérêts simplifiés de celle-ci recoupent sa vision grégaire dans un monde selon Bush?
—~—
Les symboles d'un rapprochement n'ont pas manqué, jusqu'à donner l'impression d'une stratégie commune dans laquelle Sarkozy a décidé d'intégrer la France. Comme ci-dessous, où il manie le sabre
saoudien, quelques heures avant Bush, dans la capitale Ryad, en janvier dernier.
N. Sarkozy, GW. Bush à Ryad —14 janvier 2008.
—~—
L'ouverture provoquée par le débat sur l'Afghanistan dessine des lignes qui ne recoupent pas la division droite/gauche. Ainsi la verte D. Voynet, récemment élue à Montreuil, s'est montrée
compatible avec l'envoi des renforts. De même les grandes rédactions (Libération, Le Monde, Le Figaro) soutiennent l'action du président. Par contre on sait que les militaires y sont
plutôt opposés, de même que la plupart des spécialistes indépendants, d'anciens ministres et, bien sûr, les gaullistes.
Mais pour une fois, le Parti Socialiste s'est clairement prononcé contre ce mouvement de troupes, et contre le rapprochement de l'Otan. Même si cela dérange encore certains, le PS sort du
consensus mou en matière de politique étrangère que Chirac, dont on commence à regretter la vision, avait su
installé.
Certains commentateurs soulignent que la décision de Nicolas Sarkozy répond à une demande 'couverte' par l'ONU, d'autres pensent que l'esprit des promesses faites en 2001 à l'ONU n'est plus de
mise aujourd'hui, plus de 6 ans après.
Le Gouvernement fait dans la rature.
Forcé par son chef, de monter en première ligne défendre cette politique passéiste,
F. Fillion (premier Ministre) dit négligemment qu'il ne s'agit que de "quelques centaines d'hommes".
Pour les politiques, les soldats sont toujours : un chiffre, des numéros.
'Même pas un millier comme la rumeur le laisse entendre', semble dire le 1er ministre, 'quelques centaines… seulement' !
Alors pourquoi les envoyer s'ils sont si négligeables ? Par pur masochisme ?
Quand à B. Kouchner , essayant de contredire l'évidence d'une soumission à la catastrophique vision (apocalyptique) du président
George W. Bush:
"Vous allez voir à Bucarest qu'il ne s'agit nullement d'un alignement!" Tu parles…
Sans doute Kouchner attendait-il quelque phrase assassine quoique amicale —spécialité du langage un peu double de son
chef Sarkozy, contre les méthodes légères du tigre étasuniens. Mais rien n'est venu étayer les espoirs du ministre (Affaires Etrangères), pas la moindre critique quand au déroulement de la guerre
de la part de notre président, trop heureux de coller à son modèle évangélique post-alcoolique.
Sauf peut-être ce petit détail qu'il a fallu souligner aux rédactions pour qu'elle le mette en évidence : la France n'a pas soutenu l'entrée dans l'OTAN de la Géorgie et de
l'Ukraine que feignait d'espérer Bush. Quelle audace ! Cela permet à notre Sarkozy de prétendre avoir la même analyse que l'Allemagne sur l'Afghanistan —ce qui serait souhaitable,
mais qui est faux car son ministre des affaires étrangères Jung a clairement repoussé les injonctions de Robert Gates d'envoyer des troupes dans le bourbier Afghan, de même que le Canada,
où l'affaire tourne au scandale politique.
Le principal est que Bernard Kouchner peut parader avec cet argument couverture bidon de résistance à une des vastes
volontés de Bush sur l'OTAN. Tandis que son gouvernement défend, mieux qu'un héros d'aventure, la Femme, de l'Afghanistan à la Colombie, façon Arche de Zoé. Kouchner se doit encore de tempérer la
chienlit Olympique anti-chinoise. Un problème chasserait-il l'autre ? C'est l'enfer pour les journalistes et les bloggeurs qui ne savent plus où donner de la tête, ni sur quel front lancer leur
guerre contre la connerie.
La nouvelle de l'envoi d'un renfort militaire français en Afghanistan (comme la fameuse "Surge" US en Irak) est venu la veille du
discours sarkozien de Bucarest, et de la bouche du porte-parole de l'Otan : la France contribuera d'un bataillon supplémentaire en
Afghanistan.
Un "Bataillon", voilà qui a de la gueule, tout en restant cohérent avec la parole édulcorée, à usage national interne, de Fillion : 800
soldats, il avait deviné ! Encore que leur rôle, pour être flou et secret, semble n'être que tangentiel au combat. Un rôle de formation, comme si les Afghans avait besoin encore d'apprendre à se
battre, et dans leur propre pays.
“Les officiers afghans d’âge mur que forment les Français sont pour la plupart des vétérans, qui ont combattu les Russes, les Moudjahidin
ou les Talibans.” nous dit Célia Mercier, envoyée
spéciale de Libé sur place.
La rumeur, qui ne peut venir que des cercles gouvernementaux, a d'abord parlé d'un millier d'hommes, puis Fillion a minimisé à quelques
centaines, puis l'Otan a officialisé 1 Bataillon(800 soldats) , puis le gouvernement, sans doute Morin (pas Edgar, mais Hervé, Ministre de la Défense), a découpé cela entre forces spéciales et
autres brigades, puis aux dernières nouvelles, il s'agit de 700 hommes, pil-poil ! Top-là, dernier prix !
Qui se souvient qu'une journaliste de RFI est morte sur les routes d'Afghanistan il y a deux ans ? La guerre n'est pas un jeu, comme le
rappelait Jean-Pierre Raffarin, en réponse à Bush qui, juste avant l'invasion de l'Irak avait lançé à Saddam Hussein :
—«The game is over !»
—«It is not a game, and it is not over.» Raffarin a dit, depuis l'Inde, en février ou mars 2003, pour défendre la poursuite des négociations avec l'AIEA. En voilà un qui
en avait, finalement, et qui savait parlé anglais sans trop flipper, avec ça !
Une Guerre fantôme, et une logique aveugle.
Qu'il s'agisse d'une guerre fantôme, en plus d'un désastre annoncé, c'est le président de la France qui l'avoue lui-même implicitement,
dans son plat discours de Bucarest : ne pas s'engager dans ce que nos propres généraux appellent
"ce merdier", cela équivaudrait tout bonnement, selon le faucon Sarkozy, à :
« accepter le retour des Talibans et d'Al Quaeda… quand on sait ce que les Talibans ont fait subir au pays et notamment aux femmes, personne au monde
ne peut souhaiter ça!»
Mais, dites voire, si "personne au monde" n'est là pour souhaiter cela, avec qui se battre ?
Car la résolution non-dite de l'incohérence logique qui colle décidément à notre fringant Sarkozy est, dans ce discours de Bucarest, que les Ennemis ne sont pas des personnes humaines.
On est bien là dans une logique bushienne de guerre contre Le Mal, avec un grand M comme dans "mystère et boule de gomme". Le
président Sarkozy nous entraîne dans un guerre de civilisation (sic), une croisade lancée avec les mêmes arguments idéologiques qu'une inquisition (spécialité française depuis l'extermination des
Cathares comme le rappelait jadis Léon
Poliakov). On est exactement dans le cadre d'une guerre contre des barbares aux valeurs morales inférieures qui n'ont même pas le
droit à l'Etre, selon les termes de l'idéologue
et philosophe du droit nazi Carl Schmitt.
Sarkozy enfonce une fois encore la France dans le sectarisme, et cette fois ci dans le sectarisme guerrier, d'ampleur
international bien sûr, mais du côté des bougres de bon copains.
Dans la Presse “Nationale” :
•
Enlisement nous dit
Gérard Lefort un peu pompeusement et en appelant V. Hugo à la rescousse.
« le mardi 1er avril fut décrété journée nationale de l’enlisement par l’opposition socialiste qui
n’eut que ce mot à la bouche, accompagné de son éternel ami «risque de…». Ce à quoi le Premier ministre François Fillon opposa la non moins classique argutie du «combat juste». (…) Dans le
fourniment des soldats en partance pour l’Afghanistan, il serait juste que l’on glisse pour info un exemplaire des Misérables.»
NB: Ce Rebond de Lefort ne reflète pas la position de la rédaction de Libération qui soutient le geste auguste de Sarkozy pour les mêmes raisons que Génestar (voir plus bas). Malaise. La chronique de Pierre
Marcelle devient illisible à force de sophistications et de style intello compliqué. Il semble que la divergence à Libé n'est possible que si elle s'accompagne d'un enfermement intellectuel,
élitiste et peu lisible. Ou c'est un ras le bol.
•
L'ethnocentrisme primaire, est de retour nous dit Emmanuel Todd., dans Marianne2.
« La première attaque contre l'Afghanistan était légitime, il s'agissait de déloger Ben Laden; d'ailleurs, les Russes nous y avaient aidé. Mais
l'irakisation de l'Afghanistan participe d'une agression du monde musulman par le monde occidental. L'occidentalisme est une doctrine d'extrême droite en émergence. La France va être du
côté du mal : en exposant des troupes françaises et en participant aux bombardements de la population civile afghane. Et, grâce à Sarkozy, nous risquons même ce qu'ont subi la Grande-Bretagne et
l'Espagne à la suite de la guerre en Irak.
Dans la logique du sarkozysme, il y
a la combinaison d'une incapacité à affronter les vrais problèmes et [d'une propension] à désigner des boucs émissaires. C'est classique : quand une société est en crise, elle a le choix
entre résoudre ses problèmes économiques et ses pathologies sociales, ou créer des bouc-émissaires. Sarkozy recherche toujours un ennemi, il est dans l'agression. Cela s'observe même dans son
comportement ordinaire avec les habitants de banlieue ou les marins pêcheurs.»
J'allais le dire !
Mais j'entends
déjà les voix de la polarisation binaire . Emmanuel Todd ne serait-il pas "du côté des terroristes Al-Quaïda-Talibantestques" !! ? Vite, il faut poser la question à notre familière icône
Nadine Morano —rempart vivant qui nous protège déjà des pédophiles récidivistes… et des constitutionnalistes qui "les défendent", forcément….
•
Un débat qui manque d'élégance.
Alain Génestar , pour ne pas se tromper, critique à la fois Sarkozy et la gauche qui s'attaque enfin à la velléitaire politique étrangère de Sarkozy :
«Droite et gauche confondues, n'ont pas su faire preuve d'élégance » !
Malgré sa "tendresse" avoué pour ceux qui incarnent la politique, Génestar critique Sarkozy, non pas pour sa décision militaire, mais pour avoir
réservé la primeur de son annonce …au Parlement britannique, "difficile de faire pire dans le mépris" des parlementaires français ajoute-t-il.
Elégance, tendresse et connivence sont, c'est bien connu, les 3 mamelles du géo-politologue éclairé
!
Mais de même la gauche, irréaliste,
exaspère Génestar, aussi bien pour la comparaison qu'elle fait avec le bourbier vietnamien ("un cliché datant de la guerre froide affligeant de facilité") que dans son verdict sur
l'Afghanistan-en-voie-d'Irakisation et le constat de l'alignement sur la politique de Bush.
"Alors que, contrairement à l'Irak, les forces présentes en Afghanistan le sont avec l'aval de l'O.N.U ce qui est une énorme
différence".
Ce qui choque le
plus l'éditorialiste de RFI, c'est quand "du moins certains à gauche, dans un excès de démagogie, ont comparé la présence des militaires français à une force d'occupation, alors qu'il
s'agit de lutter contre le terrorisme et que le peuple afghan est sous la menace d'un retour des Talibans" (…). "Il faut être allé en Afghanistan, et avoir vu, entendu les témoignages
des femmes afghanes, certains parlant de suicide en cas de retour des Talibans" ajoute Génestar reprenant la main sur le coeur le prétexte de Sarkozy de "protéger la
femme".
Etre allé sur la route de la Soie, tout le monde n'a pas cette chance — mais ce
n'est pas pour cela qu'on doit tous croire que la situation est aussi simple que cela. Sans compter qu'on peut comprendre les motifs tout en contestant la manière, qui finalement nous engagera
tous en tant que nation.
A propos de
l'aval de l'ONU, c'est oublier un peu vite que Tony Blair a prétendu sans rire que c'était le Gouvernement irakien (qu'il a lui-même contribué à mettre en place) qui avait personnellement
invité ses troupes bienveillantes à venir le soutenir en Irak. Les forces britanniques prétendent être invitées en Irak, tout comme on veut nous faire croire que les forces françaises sont
invitées par l'ONU ou par H. Karzaï, alors que ce renfort, précisément aujourd'hui où les canadiens se rebiffent, répond plutôt à
une invitation pressante du président G.W. Bush, qui a ses plans! Un détail.
Pour rester consensuel avec l'action de Sarkozy en Afghanistan, Génestar enfonce d'une 'énorme différence' les forces de ses alliés Bush et
Brown, qui occupent de l'Irak. Alliés dans la volonté de poursuivre la guerre asymétrique contre le terrorisme en Afghanistan mais aussi en Irak, et parfois au Pakistan, sans trop s'apesentir sur
ses echecs, ses excès ou son impact réel sur la population ainsi défendue. En somme la réalité global du mal rendrait tous ces réels colatéraux.
La dissuasion "en acte" - voyez vos dictionnaires !
La calme dissuasion ( comme dans 'dissuasion nucléaire') semble avoir pris un coup de spin; et la France se ranger du côté des loups
depuis que son président a parlé officielement d'un emploi d'armes atomiques dans un conflit comme d'une possibilité. Dans foulée du lancement du Terrible, ce n'est pas une petite ligne qui vient
d'être franchie.
En effet, selon Claude Angeli, du Canard Enchaîné, le 21 mars dernier au lancement du nouveau sous-marin Le Terrible, Nicolas Sarkozy a déclaré, dans son discours sur la dissuasion :
«L'arme nucléaire
permet de lancer "un avertissement" à un "agresseur", grâce à une explosion en altitude, par exemple. Laquelle peut neutraliser toutes les sources d’énergie du pays et
rendre cet adversaire aveugle, sourd et muet. »
Et puisqu'il n'y a "personne au monde" pour souhaiter la victoire de nos méchants ennemis, si mal identifiés, si bien résumés au Mal,
c'est vraiment de l'argent foutu par les fenêtres. Mais les télé-philosophes vigilants aprécieront, ne serait-ce que parce que cela permet de poser la question qui a échappé à Jean-Paul Sartre
:
Y a-t-il un non-être du non-être ?
Le non-existant est-il doué de perception (avant que d'être occi) ?
Grave question qu'il serait rafraîchissant de poser au bon philosophe R. Reddeker de Toulouse à la mémoire courte et à l'exégèse
molle.
Comme disaient benoîtement les vaillants Conquistadors
et avant eux les bons Inquisiteurs : " Tuez les tous, Dieu (dieu ?)
reconnaîtra les siens ! "— sûr, Robert, qu'ils avaient encore lu ça dans le Coran !"
Suite :
•
Le discours de Sarkozy fait-il sortir la France du Traité de
Non-Prolifération ?
Par David Leterrier
-
Publié dans : international
0
-
Recommander
commen~taire