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 Media-pool : une critique dans le vent !

‘Éléments de langage’ pour respecter le spin.
  
Cadrage éthique pour polariser les hypocrisies.

Mot-clefs pour générer des points-aveugles.     
Minimum moral pour critiquer les voisins.

      

~°°°~
Mercredi 11 mars 3 11 /03 /Mars 14:02


NB: visible aussi sur "Lapsus-du-Spin"

   L'éditorial de Laurent Joffrin « Crime d'Etat » consacré à l'affaire Rafic Hariri, dans « Libération » du 2 mars 2009, prend une tournure qui laisse perplexe. Il est rare qu'un journaliste exprime en des termes engagés une opinion si tranchée tout en dérobant le sol même de sa posture en affirmant que son point de vue est déjà partagé par tous. Laurent Joffrin serait-il frustré d'être d'accord avec « Tous ceux qui ont approché un tant soit peu le dossier Rafic Hariri [et qui] savent que les services secrets syriens sont impliqués, de très près ou d’un peu plus loin, dans l’assassinat du leader libanais.» ? (Admirez au passage l'imprécision caractéristique du vocabulaire !)
Son éditorial prend le ton d'une colère révoltée, mais contre qui ? Il cite le Zola de «J'accuse…» tout en précisant que tout le monde est dors et déjà d'accord avec la thèse de l'implication syrienne dans l'assassinat de Rafic Hariri en février 2005. Il ne coure donc aucun risque, lui, de se faire empoisonner dans ses bureaux parisiens comme le maître Emile en 1902 (voir 
Libération de 1953 !). 
Joffrin se félicite de la tenue d'un procès, donc d'une enquête, mais informe ses lecteurs que le résultat est connu d'avance. Aussi, plutôt que de reconnaître l'autorité du Tribunal Pénal International, il lui intime le devoir de sonner enfin l'hallali. On est pris à se demander de quel côté du procès Dreyfus ce rédacteur en chef se serait trouvé voici un siècle : avec la meute persuadée d'avance de l'issue de l'enquête, ou avec Emile Zola prenant le risque de redemander un examen des preuves empilées contre le petit capitaine que "
tout le monde savait bien" être coupable de haute trahison ? 

C'est le genre d'article à vous faire germer une théorie du complot dans la tête, tant son journalisme fuit l'objectivité balancée pour ne promouvoir qu'une vision unilatérale, assénée avec une rancoeur incompréhensible. Il emploie des termes outranciers comme «
la peste communautaire » [ expression antisémite s'il en est !] pour parler de la moitié des Libanais [ minoritaire depuis l'attentat en question] qui n'a pas l'heure de se résoudre à ses conclusions. Laurent Joffrin trône sur l'un des trois principaux quotidiens de France, mais il lui faut encore prendre le rôle de victime, et combattre, au nom de Zola, un discours qu'il contribue actuellement à rejeter dans une marginalité infâme. 
En deux pages et demi que le journal consacre à cette enquête sur la disparition de R. Hariri, pas une seule fois n'est évoquée l'existence d'une thèse, ou de pistes différentes. Et pourtant Joffrin lui même prend la place dans son édito pour dénigrer cet adversaire fantomatique qui nie l'évidence comme un populisme de tous les dangers. Que l'on juge plutôt :
« C’est la peste communautaire qui voile le regard d’une partie des Libanais, notamment ceux qui soutiennent le Hezbollah prosyrien. Ceux-là assimilent l’action de la justice internationale à une intervention de type colonial, une modalité de «l’impérialisme des droits de l’homme» manipulé par l’Occident. Dans ce cas, comme si souvent ailleurs, on voit où mène ce discours contemporain, qui se donne l’apparence du relativisme tolérant pour nier la réalité d’un meurtre politique, humilier les familles des victimes et finalement abaisser toute une nation. »

Traductions : - ceux qui discutent sont des aveugles, atteints de la peste et mus par des pulsions grégaires. 
- d'ailleurs ils sont Libanais pro Hezbollah et prosyriens, ce qui veut tout dire : sans objectivité, et anti-Israéliens. [ L'objectivité du procès est donc déplacé sur les lignes de fracture politiques qui se sont trouvées aggravées par l'attentat lui même.]
- ceux qui refusent l'évidence ne méritent pas un examen journalistique détaillé, car ils sont dans le même sac : anticolonialistes, contre le nouvel ordre mondial [ si pacifique pourtant en 2005 !], contre l'impérialisme occidental, et ils ne s'habillent de tolérance et de relativisme que pour nier la réalité pourtant si simple.
- on a déjà repérés «si souvent ailleurs» leur ritournelle qui ne peut donc rien apporter de nouveau.
- ils sont humiliants ! [ il s'agit de faits autrement plus graves : 23 morts, dont Hariri, un modéré libéral capable de stabiliser et d'unir le Liban.]
- ils abaissent "toute une nation" [ dont la moitié pourtant n'est pas de cet avis !] 

Bref, on croirait du meilleur Glucksmann : il faut oser reconnaître le Mal en la Syrie — ce pays tout puissant de 19 millions d'habitants, enté il est vrai de plus d'un million de réfugiés irakiens qui fuirent la "guerre"— pardon, les quelques remontrances morales, dénuées de Relativisme paresseux, que les plus vaillants pays de l'Ouest (USA & UK) ont condescendu à prodiguer afin d'apporter le "chaos constructif"—pardon, une Démocratie propre à "relever leur nation" d'origine [ bilan : 
plus d'un million de morts irakiens (cf détails pour 2006)]. 
Et avec cela ( bien que Laurent Joffrin nous mette malgré lui la puce à l'oreille), il nous assène que si nous ne gobons pas tout le tableau —dénué de tout rappel historique et d'aucune mise en contexte, c'est que nous sommes victimes d'un romantisme anti-Dreyfusard et Munichois à tout le moins. Et Joffrin voudrait qu'ainsi parée d'un parti pris si éhonté, vogue la Justice Internationale vers les conclusions qu'il lui dicte !

Ce n'est pourtant pas le passéisme, mais l'espoir qui nous permet de croire que le TPI devra se munir d'enquêtes autrement plus fouillées que la confusion obtuse d'un éditorialiste parisien qui se sublime en substituant, comme tant d'autres, l'abandon très personnel du gauchisme naïf de sa jeunesse avec les problèmes autrement complexes de la géopolitique internationale.


Mais le summum de la confusion est atteint à la fin de l'article de fond du dossier de «Libération», signé Jean-Pierre Perrin et intitulé "
Un attentat à la syrienne". Comme son titre le laisse entrevoir, il s'agit d'un résumé à charge contre Bachar al-Assad qui reprend le rapport Mehlis. Perrin sait tout, révèle maintes chicanes accablantes sans citer ce qui le gênerait [ la rétraction du témoinprincipal par exemple] et en donnant peu de sources dont celle d'écoutes des services secrets de Tony Blair. Malheureusement pour la crédibilité de cette source, les plans de désinformation du cabinet Blair concoctés avec le magnat de la presse R. Murdoch, notamment contre la France, commencent à se faire jour à Londres même, alors qu'ils semblent encore pudiquemennt ignorés à Paris, et dans Libération ! 
Perrin affirme même qu'une panne des télécommunications en décembre 2004 constitue la preuve d'une répétition générale de l'attentat. Ce qui amène le journaliste à une bien étrange affirmation —sans se démonter bien que ce scoop aille radicalement à l'encontre de toute sa démonstration contre la Syrie :
« Dès lors, beaucoup de «services» étaient probablement au courant de ce qui se tramait. A l’évidence, la Sécurité libanaise et le Hezbollah, qui travaillaient en étroite collaboration. Israël, aux aguets de tout ce qui se passe à Beyrouth, avait sans doute aussi enregistré la menace. Washington, qui ne semble pas l’avoir prise au sérieux a peut-être convaincu Hariri qu’il ne risquait rien.»

Tout est dans le "probablement" ! Est-ce un rêve ou la dénonciation d'un complot international contre l'unité du Liban, dans le journal de Joffrin qui vient de publier un livre dénonçant comme pure paranoïa tous les soupçons de manipulations qui planent sur l'indépendance de la presse et autres théories du complot ? Ce qui est sûr c'est qu'une telle révélation, même perdue vers la fin de l'article, fini de déstabiliser le lecteur qui reste sur sa fin. Finalement, Hariri avait beaucoup de relations mais un seul ami, Jacques Chirac. Qui en ce début 2005, après la réélection de G. W. Bush, aurait pu vouloir se venger de Chirac à travers Hariri ? Et à qui a finalement profité le crime ? Ce sont là des questions assez simples que le dossier de « Libération » évite avec un soin suspect de poser. 

Propagande violente et contournement imperceptible de la censure semblent ici aller de paire : n'est-ce pas cela le cadre habituel de la parano ?
Car si l'on comprend bien le subtil indice laissé par Jean Pierre Perrin, on conclura, contre Joffrin, que si le TPI n'aboutit qu'à accuser les seuls services syriens, ce tribunal n'aura fait que la moitié de son travail.

Par David Leterrier - Publié dans : international
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Mercredi 30 avril 3 30 /04 /Avr 08:06



• Des Armes de Destruction Massives (WMD) ?


L'hypothèse (évoquée dans la
note précédente) que c'étaient les ADM de Saddam Hussein que l'aviation israélienne avait bombardées en Syrie, le 6/9/07, était ironique, mais de nombreux commentateurs se sont jettés dans cette interprétation qui avait l'avantage de justifer enfin les mensonges que Colin Powell a du proférer devant l'Assemblée Générale de l'ONU, début 2003, sur information de la CIA.
Voire les vessies et les lanternes, ici_ , là_ , ou là_.

Malheureusement pour eux, l'accusation de la CIA ne porte plus aujourd'hui que sur un modèle coréen de réacteur atomique en construction, qui aurait pu fournir du combustible de qualité militaire… Tandis que Seymour Hersh, et Jonathan Cook (excellent article traduit ici) ont encore l'audace d'en douter !

On a vu aussi qu'un expert français, Bruno Tertrais, Maître de recherche à la Fondation pour la Recherche Stratégique, auteur de « L’Iran, la prochaine guerre », et conseiller du gouvernement, interrogé régulièrement par LeMonde, LeFigaro, et RFI, y croyait lui, dur comme fer.

B. Tertrais entre les alliés Ahmadinejad & Cheney


• Motif d'une propagande.


Pourtant, Bruno Tertrais n'a rien d'une petite pointure, et ne peut pas être confondu avec ces experts fumeux dont l'engagement idéologique toujours prévisible dépasse de loin leur véritable expertise. C'est donc que Tertrais prend le parti de faire monter la pression, de s'appuyer sur la rhétorique menaçante de Dick Cheney, dans l'espoir d'amadouer, derrière la Syrie, l'Iran.
En effet dans un "chat" du 22 février 08, publié par LeMonde, il déclare :

« Ce que l'on peut espérer, c'est que les sanctions et les menaces d'action militaire fassent prendre un tournant politique à Ali Khamenei, et que celui-ci finisse par évincer les éléments les plus radicaux, comme Mahmoud Ahmadinejad, au bénéfice de conservateurs plus pragmatiques, comme Ali Akbar Hashemi Rafsandjani. »

Tertrais ne serait donc pas un néo-conservateur convaincu, mais seulement un allié réaliste de la menace salutaire excercée par l'équipe Bush contre 'le péril iranien'. Mais s'il faut croire aux photos et aux animations 3D pour paraitre ainsi pragmatique, notre expert oublie beaucoup de choses, y compris l'effet politique de sa pieuse logique.

La volonté réelle de l'aile dure de l'administration Bush est peut-être l'exacte inverse de la vision géopolitique défensive mise en avant par M. Tertrais.


• La Fascination des extrêmes : Dick Cheney aide Ahmadinejad en Iran.

En effet, si l'on regarde le calendrier politique actuel, en levant un peu le nez des enjeux militaro-stratégiques à longs ou moyens termes, on s'aperçoit que la date choisie pour dénoncer les jeux nucléaires interdits de la Syrie coïncide avec …les élections législatives en Iran.
d
La révélation de photos (qui datent forcément d'avant le bombardement de septembre 2007) et autres films en Réalité-Virtuelle qui ont pu convaincre Bruno Tertrais qu'un réacteur nucléaire était bien en construction sur le site près de l'Euphrate; a lieu comme par hasard entre les deux tours d'une élection où l'avantage des partisans d'Ahmadinejad n'était pas encore décisif.

un Radiateur Nucléaire, sur l'Euphrate ? ©-CIA.

Il est donc légitime de penser que la conséquence pragmatique de la pression extérieure que les faucons ont choisie de faire sentir aujourd'hui aura pour effet de renforcer l'aile dure du régime iraniens en favorisant les candidats "les plus radicaux".
Toute pression extérieure à un pays tend à donner des arguments électoraux aux candidats les plus bassement nationalistes et leur permet de jouer sur la peur —c'est difficilement contestable.


D'autant plus qu'
au même moment un navire sous pavillon US prétend avoir tirer sur un bateau iranien dans le Golf Persique !
Ce que
dément pourtant l'Iran.


Donc Bush et Cheney sont des alliés objectifs de Mahmoud Ahmadinejad. Et ce n'est pas la première fois que ces deux camps extrémistes se renforcent l'un l'autre.
Il est souvent arrivé à Ahmadinejad de provoquer l'opinion au moment où le congrès US arrivait presque à contenir le faucon Cheney devant le poids des sacrifices non-prévus. Au moment où les échecs répétés et le mauvais engrenage de la guerre en Irak semblaient donner l'avantage aux 'réalistes' face aux 'néo-conservateurs' et autres millénaro-militaristes, le président Ahmadinejad donnait un petit coup de pouce à leur farouche ennemi par une provocation repoussante.

Plus les Etats-Unis se montrent menaçant, plus cela renforce Ahmadinejad en Iran. Et plus Ahmadinejad menace Israël dans des discours révisionnistes, plus cela renforce Dick Cheney et l'administration Bush, politiquement.


A moins que le tir groupé de la communication du Pentagon ne cherche à promouvoir M. Ahmadinejad en Iran que pour aboutir plus vite avec lui qu'avec un modéré, au conflit armé. C'est une hypothèse possible, à chaque instant.

La confrontation verbale, les actions secrètes,
la menace, le dénigrement, l'insulte, la propagande, … c'est le plaisir des extrémistes, faucons ou radicaux des deux bords !

Maintenant quel est le rôle de l'analyste, du journaliste ou de l'expert qu'il interroge ? Renforcer l'une des propagandes avec une crédulité à géométrie variable, ou rendre compte des deux symétriquement, avec un minimum d'objectivité ?
Sommes-nous vraiment dans une société de l'information, ou dans une nouvelle inquisition ?



Par David Leterrier - Publié dans : international
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Samedi 26 avril 6 26 /04 /Avr 21:20




VIDEO du gouv.US, 25/4/08, sur le réacteur nucléaire caché syrien bombardé le 6/9/07.




Heureusement, nous avons, en France, des spécialistes, des experts pointus auxquels peuvent s'adresser les médias pour décrypter le monde.

  •   Déjà vu.

Ainsi lorsque un coin de l'administration du bien informé George W. Bush nous signale avoir repéré des armes nucléaires dans un pays qu'elle classe parmi les voyous, la Syrie, on a comme une impression de déjà vu. On se souvient que nombre de politologues patentés des think-tanks les plus huppés de Washington avaient déjà clamé que si l'on avait trouvé aucune Arme de Destruction Massive en Irak, c'était parce que Saddam les avait malicieusement transférées dans un pays voisin, la Syrie. Donc tout semble s'éclairer, se simplifier et se confirmer : Les satellites états-uniens auraient donc enfin repéré la bombe atomique de Saddam Hussein sous le camouflage végétal du désert syrien !
Hé bien non, tout faux ! Il s'agit d'un réacteur d'origine Nord Coréenne avec des Nord-Coréens autour ! Bigre, on reste donc entre pays voyous mais cela veut dire que les ADM de Saddam restent encore planquées et menacent nos capitales en moins d'une demi-heure de temps comme disait Tony Blair ! Et les plus va-t-en guerre d'entre nous sont ulcérés d'apprendre qu'il n'y a rien à bombarder, car l'aviation israélienne s'en est déjà chargé… voici 8 mois déjà.

  •   Analyse
Un certain Bruno Tertrais, interrogé sur RFI le 25/4/08, étale une circularité logique déconcertante.
«Le fait que la Syrie n'ait pas invité l'AIEA [afin d'inspecter le site bombardé par l'aviation israélienne le 6 septembre 2008] prouve qu'il s'agissait bien d'un réacteur nucléaire.»

On voit que cette phrase ne veut rien dire, elle ne dit rien sinon que son auteur ne consent à considérer qu'un seul versant des choses. En effet, s'il n'y avait pas de réacteur atomique en construction (hypothèse que M. Tertrais refuse manifestement de considérer) on ne voit pas ce que l'AIEA aurait pu découvrir. Et s'il y avait bien un réacteur de modèle coréen en construction, les Syriens n'auraient pas non plus appelé l'AIEA pour vérifier !

Ce qui reste étonnant, c'est pourquoi le gouvernement israélien n'a pas demandé sur le champs à l'agence AIEA d'inspecter le site bombardé, ce qui aurait pu donner un alibi à l'agression aérienne du 6 septembre.
C'est d'ailleurs ce que vient de reprocher l'AIEA à l'administration Bush : si vous aviez de tels documents, pourquoi ne pas en avoir fait part à l'Agence Internationale pour l'Energie Atomique plus tôt ?
Quant à la France, finaude, elle demande à la Syrie des explications sur son fameux programme nucléaire !

De septembre 2007 à avril 2006, ni Israël, ni les Etats-Unis n'ont donné aucune raison officielle à ce bombardement.
Ce qui reste encore plus étonnant, comme le remarque Seymour Hersh (vidéo, the New-Yorker) c'est qu'un pays souverain en bombarde un autre, sans donner aucune raison, et dans l'indifférence générale. Il y a là comme un processus d'habituation au fait accompli d'une agression unilatérale.

A la différence de B. Tertrais, S. Hersh s'est cependant posé les questions qui ne conviennent pas à sa conclusion que l'information est de la propagande peu vraisemblable. Il remarque que les Syriens eux-mêmes n'ont rien dit après le raid. Par peur ou par culpabilité ? Il est de plus probable que des ingénieurs coréens ont été touchés dans l'attaque. S'il exclue la construction d'un réacteur nucléaire au vu des éléments du dossier qui ne tiennent pas, il émet d'abord l'hypothèse d'un projet sur des armes chimiques, et penche en dernière analyse pour un site de construction de missiles, avec l'aide de Nord-Coréens, dans cet entrepôt sur les bord de l'Euphrate.






Par David Leterrier - Publié dans : international
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Jeudi 10 avril 4 10 /04 /Avr 03:38
Notre cher Président N. Sarkozy semble avoir une dent contre le Sénégal.
Est-ce qu'un Sénégalais, un jour, lui aurait piqué sa femme ?



Extrait du discours prononcé par le président de la République, sur la "Modernisation des politiques publiques et réforme de l’Etat", vendredi 4 avril, au Ministère du Budget, des Comptes Publics et de la Fonction Publique :

(…)    « Est-il normal qu’on ait 721 personnes au sein de nos services diplomatiques au Sénégal et 271 en Inde ? C’est le poids de l’histoire, mais il est temps, et Bernard Kouchner et l’ensemble du Quai d’Orsay ont décidé de s’y atteler, de mieux adapter notre présence diplomatique aux enjeux du 21ème siècle. C’est un défi crucial de modernisation qui est à la portée de la diplomatie française. »

C'est le texte officiel. Noter que dans le discours "prononcé", l'orateur a rajouté, au sujet du nombre des diplomates français au Sénégal :« il doit y avoir un climat propice…».
On voit d'ici le sourire en coin, et le mouvement typique de la mâchoire. Si par hasard on
conservait des doutes sur l'inspiration du Président, nous voilà rassurés, il s'agit d'une flèche de haute volée avec une touche d'humour très personnel.


    Le "poids" de l'histoire !?
Expression misérable et sans aucune grandeur. Expression irresponsable de démission.

•    Les "enjeux" du 21ème Siècle !?
Dont le Sénégal… ne ferait pas partie ? Tropisme d'exclusion, éminemment sarkozien.

•    Notons encore la fusion de type sectaire avec Kouchner : ce n'est pas Nicolas qui a exposé sa politique à son ministre Kouchner, non, c'est Bernard Kouchner qui, de lui-même, aurait décidé de s'atteler à La politique étrangère de son chef, qui est de l'ordre de l'évidence 'objective' que l'on ne saurait discuter. Pauvre Kouchner, cette Sarko-logie, c'est pire que le casse-tête des JO de Pékin!

Si c'est avec de tels arguments qu'il espère séduire l'Inde et chasser les têtes en informatique, Sarkozy se fait une bien piètre idée, outre des Africains, des Indiens, de la France, et des hommes. Parce que monsieur a pu retourner quelques transfuges de la Gauche française (ne dites plus traitres, ça fait repentance), il croit que le monde entier va rentrer dans son petit jeu. Mais sa diplomatie n'est qu'outrances, et il ne sait habiller les intérêts de la France que de honte et d'amnésie. Sarkozy est déjà devenu un Spootnik de la diplomatie mondiale. Il dépasse même Sylvio Berlusconi qui avait, lui, la bienscéance de limiter ses dangereuses lubies aux frontières de son pays.

Et pourquoi Sarkozy serait-il devenu la risée du monde ?
Le poids de l'ignorance, évidemment.

Comment se sortir des cercles stériles de l'ignorance ?
On se rappelle du célèbre Discours de Dakar, dont le mauvais goût (d'évoquer des Africains paysans qui "tournent en rond" selon le rythmes des saisons) est comme le bon vin et fermentent de plus en plus fort avec l'âge. Grâce à ce discours, source inépuisable de gausserie, l'Elysée est devenu la risée des animateurs radio en mal d'histoire drôle, et la France est devenue la risée du monde, car le droit de rire ne se limite pas au continent africain.

A l'époque de cette harangue, prononcée dans la capitale du Sénégal, pays ami et actuellement gouverné par le libéral président Abdulaye Wade, on avait voulu minimiser l'affaire. Comment la diplomatie française a-t-elle pu laisser le premier personnage de l'Etat se vanter d'une vision aussi tranchée de l'histoire, une vision simpliste, obtuse et accessoirement complètement fausse de l'histoire ?
Comment une tournée diplomatique dans un pays X peut-elle receler, et étaler largement comme de la confiture sur une tartine, tant de mépris et d'insulte à l'histoire et aux hommes de ce pays X ?

Comme la réponse n'est que trop évidente et pas assez politiquement correcte, même les plus choqués des commentateurs cherchèrent, comme on fait une prière, à botter en touche.

— La faute incombait à la plume qui avait écrit ce discours de Sarkozy. C'est l'abominable Guaino qui avait commis cet odieux passage, tandis que le sage Levitte n'avait malheureusement pas eu le temps de le relire ! Peut-être. La faute revenait donc au nègre du président, un nègre qui n'aime pas les Nègres. Un "nègre" au deuxième degré, qui ne sait, depuis qu'il habite au Château, qu'écrire des ronds tautologiques ignares aux rythmes des idéologies innommables dont il croit le Président animé.
— La faute venait d'un désir immodéré de faire rupture avec son prédécesseur le grand Jacques, qui était apprécié dit-on, ou du moins fortement estimé en Afrique, du nord au sud.
— La faute venait d'une vexation, car le Sénégal allait bientôt confier la gestion des opérations portuaires de Dakar à la compagnie Dubaï Port World plutôt qu'à son ami de 30 ans, Vincent Bolloré. Bolloré a eu beau lui dire que ce n'était pas si grave, et qu'il lui restait de bonnes miettes, le président serait parti bille en tête, au risque avéré de menacer de futurs contrats de Bolloré en Afrique !
La morgue, la vanité historique de Sarkozy peut bien faire "bouger les lignes" chez les intellectuels paresseux de Saint-Germains et du 'Meilleur des Mondes' à Paris, elle n'est bonne ni pour la diplomatie, ni pour le commerce français.
    (pour l'anecdote, on peut rappeler que cette Port World, bien que soutenue par Bush, avait du renoncer à de gros contrat avec les ports étasuniens en avril 2006, à cause de la peur du terrorisme "arabe" sur laquelle Bush et consorts avaient soufflé de manière si indiscriminée, et cela dés le jour du 11 septembre 2001.)

—L'expression de cette vision bornée n'est pas bonne non plus pour l'immigration, car il est incohérent de vouloir fermer les frontières partout en Europe, d'expulser à tour de bras et de parler de co-développement tout afin de persuader les Africains de rester chez eux; et de venir chez eux leur dire qu'ils ne savent pas s'élancer vers un destin moderne et que leur saisons mêmes sont, en toute franchise, anhistoriques ! C'est plus du désamour, c'est de la rage!

Bien sûr, cette couleuvre, ce négationnisme —historique et géographique, avait du mal à passer, mais force est de constater, au détour d'un discours sur la réforme de l'administration, en avril 2008, que le préjugé à l'encontre de l'Afrique, et singulièrement à l'endroit du Sénégal, est véritablement rivé au corps de la doctrine occidentaliste de Nicolas Sarkozy, aussi profus et prolixes soient ses interminables exposés.

Question de cours pour Xavier Darcos (dit Dark-Vador du CM2) : au vu du tableau et du contexte, répondez :
Y a-t-il du pétrole au Sénégal ? (et ne tricher pas sur votre camarade Bongo !)















Rama Yade, Sous-ministre aux Droits de l'Homme, qui signe ici un document lors d'un déplacement en Guyanne Française, est d'origine Sénégalaise.


Par David Leterrier - Publié dans : international
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Lundi 7 avril 1 07 /04 /Avr 07:30
Mais qu'allait-il faire dans cette galère afghane ?

Se salir les mains, mon Capitaine, se salir les mains!
Tandis que l'opinion française, elle, ne s'en lave pas les mains, puisqu'
aux dernières nouvelles:
68% des Français désapprouvent l’envoi de renforts militaires en Afghanistan ! 
( BVA-Sud Ouest)


Des pertes et des bavures, voilà ce qui est prévisible, à vouloir se moucher sur la Route de la Soie. A vouloir chipoter un grain d'influence dans une structure caduque (l'Otan) sous l'aile d'un impérial Bush, dénoncé dans son pays pour avoir promu une campagne de torture, au prix d'un interventionnisme nerveux et écrabouilleur dans un pays meurtri, où les bavures font quasiment partie de la contre-insurrection.
Mais qu'est-ce que Sarkozy ne ferait pas au nom de la femme afghane…, pourvu que les intérêts simplifiés de celle-ci recoupent sa vision grégaire dans un monde selon Bush?

—~—
Les symboles d'un rapprochement n'ont pas manqué, jusqu'à donner l'impression d'une stratégie commune dans laquelle Sarkozy a décidé d'intégrer la France. Comme ci-dessous, où il manie le sabre saoudien, quelques heures avant Bush, dans la capitale Ryad, en janvier dernier.
N. Sarkozy, GW. Bush à Ryad —14 janvier 2008.
—~—


L'ouverture provoquée par le débat sur l'Afghanistan dessine des lignes qui ne recoupent pas la division droite/gauche. Ainsi la verte D. Voynet, récemment élue à Montreuil, s'est montrée compatible avec l'envoi des renforts. De même les grandes rédactions (Libération, Le Monde, Le Figaro) soutiennent l'action du président. Par contre on sait que les militaires y sont plutôt opposés, de même que la plupart des spécialistes indépendants, d'anciens ministres et, bien sûr, les gaullistes.
Mais pour une fois, le Parti Socialiste s'est clairement prononcé contre ce mouvement de troupes, et contre le rapprochement de l'Otan. Même si cela dérange encore certains, le PS sort du consensus mou en matière de politique étrangère
que Chirac, dont on commence à regretter la vision, avait su installé.
Certains commentateurs soulignent que la décision de Nicolas Sarkozy répond à une demande 'couverte' par l'ONU, d'autres pensent que l'esprit des promesses faites en 2001 à l'ONU n'est plus de mise aujourd'hui, plus de 6 ans après.



Le Gouvernement fait dans la rature.

Forcé par son chef, de monter en première ligne défendre cette politique passéiste,
F. Fillion (premier Ministre) dit négligemment qu'il ne s'agit que de "quelques centaines d'hommes". Pour les politiques, les soldats sont toujours : un chiffre, des numéros.
'Même pas un millier comme la rumeur le laisse entendre
', semble dire le 1er ministre, 'quelques centaines… seulement' !

Alors pourquoi les envoyer s'ils sont si négligeables ? Par pur masochisme ?

Quand à B. Kouchner , essayant de contredire l'évidence d'une soumission à la catastrophique vision (apocalyptique) du président George W. Bush:
"Vous allez voir à Bucarest qu'il ne s'agit nullement d'un alignement!"  Tu parles…
    Sans doute Kouchner attendait-il quelque phrase assassine quoique amicale —spécialité du langage un peu double de son chef Sarkozy, contre les méthodes légères du tigre étasuniens. Mais rien n'est venu étayer les espoirs du ministre (Affaires Etrangères), pas la moindre critique quand au déroulement de la guerre de la part de notre président, trop heureux de coller à son modèle évangélique post-alcoolique.
    Sauf peut-être ce petit détail qu'il a fallu souligner aux rédactions pour qu'elle le mette en évidence : la France n'a pas soutenu l'entrée dans l'OTAN de la Géorgie et de l'Ukraine que feignait d'espérer Bush. Quelle audace ! Cela permet à notre Sarkozy de prétendre avoir la même analyse que l'Allemagne sur l'Afghanistan —ce qui serait souhaitable, mais qui est faux car son ministre des affaires étrangères Jung a clairement repoussé les injonctions de Robert Gates d'envoyer des troupes dans le bourbier Afghan, de même que le Canada, où l'affaire tourne au scandale politique.

Le principal est que Bernard Kouchner peut parader avec cet argument couverture bidon de résistance à une des vastes volontés de Bush sur l'OTAN. Tandis que son gouvernement défend, mieux qu'un héros d'aventure, la Femme, de l'Afghanistan à la Colombie, façon Arche de Zoé. Kouchner se doit encore de tempérer la chienlit Olympique anti-chinoise. Un problème chasserait-il l'autre ? C'est l'enfer pour les journalistes et les bloggeurs qui ne savent plus où donner de la tête, ni sur quel front lancer leur guerre contre la connerie.

La nouvelle de l'envoi d'un renfort militaire français en Afghanistan (comme la fameuse "Surge" US en Irak) est venu la veille du discours sarkozien de Bucarest, et de la bouche du porte-parole de l'Otan : la France contribuera d'un bataillon supplémentaire en Afghanistan.
Un "Bataillon", voilà qui a de la gueule, tout en restant cohérent avec la parole édulcorée, à usage national interne, de Fillion : 800 soldats, il avait deviné ! Encore que leur rôle, pour être flou et secret, semble n'être que tangentiel au combat. Un rôle de formation, comme si les Afghans avait besoin encore d'apprendre à se battre, et dans leur propre pays.
“Les officiers afghans d’âge mur que forment les Français sont pour la plupart des vétérans, qui ont combattu les Russes, les Moudjahidin ou les Talibans.” nous dit Célia Mercier, envoyée spéciale de Libé sur place.

La rumeur, qui ne peut venir que des cercles gouvernementaux, a d'abord parlé d'un millier d'hommes, puis Fillion a minimisé à quelques centaines, puis l'Otan a officialisé 1 Bataillon(800 soldats) , puis le gouvernement, sans doute Morin (pas Edgar, mais Hervé, Ministre de la Défense), a découpé cela entre forces spéciales et autres brigades, puis aux dernières nouvelles, il s'agit de 700 hommes, pil-poil ! Top-là, dernier prix !

Qui se souvient qu'une journaliste de RFI est morte sur les routes d'Afghanistan il y a deux ans ? La guerre n'est pas un jeu, comme le rappelait Jean-Pierre Raffarin, en réponse à Bush qui, juste avant l'invasion de l'Irak avait lançé à Saddam Hussein :
—«The game is over !»
—«It is not a game, and it is not over.» Raffarin a dit, depuis l'Inde, en février ou mars 2003, pour défendre la poursuite des négociations avec l'AIEA. En voilà un qui en avait, finalement, et qui savait parlé anglais sans trop flipper, avec ça !


Une Guerre fantôme, et une logique aveugle.

Qu'il s'agisse d'une guerre fantôme, en plus d'un désastre annoncé, c'est le président de la France qui l'avoue lui-même implicitement, dans son plat discours de Bucarest : ne pas s'engager dans ce que nos propres généraux appellent "ce merdier", cela équivaudrait tout bonnement, selon le faucon Sarkozy, à :
« accepter le retour des Talibans et d'Al Quaeda… quand on sait ce que les Talibans ont fait subir au pays et notamment aux femmes, personne au monde ne peut souhaiter ça!»

Mais, dites voire, si "personne au monde" n'est là pour souhaiter cela, avec qui se battre ?
Car la résolution non-dite de l'incohérence logique qui colle décidément à notre fringant Sarkozy est, dans ce discours de Bucarest, que les Ennemis ne sont pas des personnes humaines.

On est bien là dans une logique bushienne de guerre contre Le Mal, avec un grand M comme dans "mystère et boule de gomme". Le président Sarkozy nous entraîne dans un guerre de civilisation (sic), une croisade lancée avec les mêmes arguments idéologiques qu'une inquisition (spécialité française depuis l'extermination des Cathares comme le rappelait jadis Léon Poliakov). On est exactement dans le cadre d'une guerre contre des barbares aux valeurs morales inférieures qui n'ont même pas le droit à l'Etre, selon les termes de l'idéologue et philosophe du droit nazi Carl Schmitt.

Sarkozy enfonce une fois encore la France dans le sectarisme, et cette fois ci dans le sectarisme guerrier, d'ampleur international bien sûr, mais du côté des bougres de bon copains.



Dans la Presse “Nationale” :

Enlisement nous dit Gérard Lefort un peu pompeusement et en appelant V. Hugo à la rescousse.

    « le mardi 1er avril fut décrété journée nationale de l’enlisement par l’opposition socialiste qui n’eut que ce mot à la bouche, accompagné de son éternel ami «risque de…». Ce à quoi le Premier ministre François Fillon opposa la non moins classique argutie du «combat juste». (…) Dans le fourniment des soldats en partance pour l’Afghanistan, il serait juste que l’on glisse pour info un exemplaire des Misérables

NB: Ce Rebond de Lefort ne reflète pas la position de la rédaction de Libération qui soutient le geste auguste de Sarkozy pour les mêmes raisons que Génestar (voir plus bas). Malaise. La chronique de Pierre Marcelle devient illisible à force de sophistications et de style intello compliqué. Il semble que la divergence à Libé n'est possible que si elle s'accompagne d'un enfermement intellectuel, élitiste et peu lisible. Ou c'est un ras le bol.



L'ethnocentrisme primaire, est de retour nous dit Emmanuel Todd., dans Marianne2.

« La première attaque contre l'Afghanistan était légitime, il s'agissait de déloger Ben Laden; d'ailleurs, les Russes nous y avaient aidé. Mais l'irakisation de l'Afghanistan participe d'une agression du monde musulman par le monde occidental. L'occidentalisme est une doctrine d'extrême droite en émergence. La France va être du côté du mal : en exposant des troupes françaises et en participant aux bombardements de la population civile afghane. Et, grâce à Sarkozy, nous risquons même ce qu'ont subi la Grande-Bretagne et l'Espagne à la suite de la guerre en Irak.
Dans la logique du sarkozysme, il y a la combinaison d'une incapacité à affronter les vrais problèmes et [d'une propension] à désigner des boucs émissaires. C'est classique : quand une société est en crise, elle a le choix entre résoudre ses problèmes économiques et ses pathologies sociales, ou créer des bouc-émissaires. Sarkozy recherche toujours un ennemi, il est dans l'agression. Cela s'observe même dans son comportement ordinaire avec les habitants de banlieue ou les marins pêcheurs.»

J'allais le dire !
Mais j'entends déjà les voix de la polarisation binaire . Emmanuel Todd ne serait-il pas "du côté des terroristes Al-Quaïda-Talibantestques" !! ? Vite, il faut poser la question à notre familière icône Nadine Morano —rempart vivant qui nous protège déjà des pédophiles récidivistes… et des constitutionnalistes qui "les défendent", forcément….
 

Un débat qui manque d'élégance
 
Alain Génestar , pour ne pas se tromper, critique à la fois Sarkozy et la gauche qui s'attaque enfin à la velléitaire politique étrangère de Sarkozy :
 «Droite et gauche confondues, n'ont pas su faire preuve d'élégance » !

Malgré sa "tendresse" avoué pour ceux qui incarnent la politique, Génestar critique Sarkozy, non pas pour sa décision militaire, mais pour avoir réservé la primeur de son annonce …au Parlement britannique, "difficile de faire pire dans le mépris" des parlementaires français ajoute-t-il.
Elégance, tendresse et connivence sont, c'est bien connu, les 3 mamelles du géo-politologue éclairé !

Mais de même la gauche, irréaliste, exaspère Génestar, aussi bien pour la comparaison qu'elle fait avec le bourbier vietnamien ("un cliché datant de la guerre froide affligeant de facilité") que dans son verdict sur l'Afghanistan-en-voie-d'Irakisation et le constat de l'alignement sur la politique de Bush.
"Alors que, contrairement à l'Irak, les forces présentes en Afghanistan le sont avec l'aval de l'O.N.U ce qui est une énorme différence".

Ce qui choque le plus l'éditorialiste de RFI, c'est quand "du moins certains à gauche, dans un excès de démagogie, ont comparé la présence des militaires français à une force d'occupation, alors qu'il s'agit de lutter contre le terrorisme et que le peuple afghan est sous la menace d'un retour des Talibans" (…). "Il faut être allé en Afghanistan, et avoir vu, entendu les témoignages des femmes afghanes, certains parlant de suicide en cas de retour des Talibans" ajoute Génestar reprenant la main sur le coeur le prétexte de Sarkozy de "protéger la femme".
Etre allé sur la route de la Soie, tout le monde n'a pas cette chance — mais ce n'est pas pour cela qu'on doit tous croire que la situation est aussi simple que cela. Sans compter qu'on peut comprendre les motifs tout en contestant la manière, qui finalement nous engagera tous en tant que nation.

A propos de l'aval de l'ONU, c'est oublier un peu vite que Tony Blair a prétendu sans rire que c'était le Gouvernement irakien (qu'il a lui-même contribué à mettre en place) qui avait personnellement invité ses troupes bienveillantes à venir le soutenir en Irak. Les forces britanniques prétendent être invitées en Irak, tout comme on veut nous faire croire que les forces françaises sont invitées par l'ONU ou par H. Karzaï, alors que ce renfort, précisément aujourd'hui où les canadiens se rebiffent, répond plutôt à une invitation pressante du président G.W. Bush, qui a ses plans! Un détail.
Pour rester consensuel avec l'action de Sarkozy en Afghanistan, Génestar enfonce d'une 'énorme différence' les forces de ses alliés Bush et Brown, qui occupent de l'Irak. Alliés dans la volonté de poursuivre la guerre asymétrique contre le terrorisme en Afghanistan mais aussi en Irak, et parfois au Pakistan, sans trop s'apesentir sur ses echecs, ses excès ou son impact réel sur la population ainsi défendue. En somme la réalité global du mal rendrait tous ces réels colatéraux.


La dissuasion "en acte" - voyez vos dictionnaires !

La calme dissuasion ( comme dans 'dissuasion nucléaire') semble avoir pris un coup de spin; et la France se ranger du côté des loups depuis que son président a parlé officielement d'un emploi d'armes atomiques dans un conflit comme d'une possibilité. Dans foulée du lancement du Terrible, ce n'est pas une petite ligne qui vient d'être franchie.
En effet, selon Claude Angeli, du Canard Enchaîné, le 21 mars dernier au lancement du nouveau sous-marin Le Terrible, Nicolas Sarkozy a déclaré, dans son discours sur la dissuasion :

«L'arme nucléaire permet de lancer "un avertissement" à un "agresseur", grâce à une explosion en altitude, par exemple. Laquelle peut neutraliser toutes les sources d’énergie du pays et rendre cet adversaire aveugle, sourd et muet. »

Et puisqu'il n'y a "personne au monde" pour souhaiter la victoire de nos méchants ennemis, si mal identifiés, si bien résumés au Mal, c'est vraiment de l'argent foutu par les fenêtres. Mais les télé-philosophes vigilants aprécieront, ne serait-ce que parce que cela permet de poser la question qui a échappé à Jean-Paul Sartre :
Y a-t-il un non-être du non-être ?
Le non-existant est-il doué de perception (avant que d'être occi) ?

Grave question qu'il serait rafraîchissant de poser au bon philosophe R. Reddeker de Toulouse à la mémoire courte et à l'exégèse molle.
Comme disaient benoîtement les vaillants Conquistadors et avant eux les bons Inquisiteurs : " Tuez les tous, Dieu (dieu ?) reconnaîtra les siens ! "— sûr, Robert, qu'ils avaient encore lu ça dans le Coran !"

Suite :
Le discours de Sarkozy fait-il sortir la France du Traité de Non-Prolifération ?



Par David Leterrier - Publié dans : international
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Mercredi 5 mars 3 05 /03 /Mars 00:52
De commentateurs en spécialistes, de journalistes en experts, il ressort de tous les médias confondus que 'le peuple' qu'ils informent est décidément trop  bête  pour juger  de la chose  politique. 
La chute du Président Sarkozy dans les sondages est  unanimement analysée comme "un désamour"! 
Les médias martèlent que les Français, tous, sont condamnés à aimer d'amour un homme élu par 53% des votants, pour faire de la Politique et non de la séduction narcissique.

Les Français seraient donc impuissants à juger d'une politique ou de son application, incapables d'estimer la distance qui sépare la réclame et les promesses, de l'action réelle. Le peuple n'a pas le droit de se sentir mal à l'aise dans le climat que dégage une équipe politique au pouvoir depuis plus de six mois.

Non, le 'peuple' est bête, ignorant, voué à la sensiblerie. Le peuple s'arrête au style, nous dit-on !
A force de finasser, les analystes au micro font disparaître les électeurs sous les sondages.
Et alors même qu'il prétendent critiquer le Président avec audace, ils continuent à déployer pour lui l'écran protecteur de son style —cette enveloppe anecdotique qui serait l'alpha et l'oméga de ce que les électeurs peuvent voir, juger, comprendre.

A croire que si Sarkozy se tranformait en Balladur, on n'aurait plus peur des ombres qui se profilent derrière ce qu'il faut bien appeler la politique menée par le gouvernement de la France.
A croire que si E. Mignon avait tenu sa langue, les Français seraient tous devenus Sciento-logues docilement. Et que si Sarkozy était moins m'a-tu-vu, ou "bling-bling" les ménagères laisseraient volontiers un pourboir au supermarché ! Ben voyons.

Malheureusement, il faut croire que si les gens raisonnables n'aiment pas, au-delà du style, les ornières politiques où un Président Sarkozy voudrait mener la France, les hommes-médias, 'les journalistes', aiment assez ce style pour se sentir eux aussi, entraînés par une telle élite, très au-dessus du 'peuple' qu'ils daignent informer tous les jours.

La Caste des politiciens et des journalistes semble se ressaisir et se conforter dans le mépris d'un peuple ignare et dans le dénigrement des intellectuels sérieux, ou des simples libres penseurs, qui seront bientôt disqualifiés, eux, parce qu'il ne sauraient comprendre ni les masses, ni les sondages. L'intellectuel n'est-il pas par définition minoritaire et vain ?

Le style de cet homme, serait-il la fin de l'homme ?
Le diaboliser, nous sommes d'accord, serait faire l'impasse sur la critique des médias et des idéologues qui l'entretiennent et font passer ses outrances pour «des erreurs de style», sans remettre en cause ses trop souvent odieux présupposés.

Les élections prochaines montreront  peut-être que la chute de Sarkozy "dans les sondages", pour le paraphraser :  «Cela n'a Rien à voir avec le style, mais tout à voir avec la… ».
Par David Leterrier - Publié dans : intello-canaille
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